Vierge en majesté

Vierges Romanes

Marie

La Mère de Dieu

Les Vierges en majesté en ronde-bosse ou statuaire en bois sculpté apparaissent en Occident aux alentours du 10e siècle. Les sculpteurs les destinent à l'origine à contenir des reliques. Elles sont donc des reliquaires portés en procession ou bien exposés à la vénération des fidèles. Puis avec le temps cette destination finale de reliquaire s'éclipse. On oublie les reliques et les Vierges en majesté sont alors vénérées, non pour les reliques qu'elles pouvaient contenir, mais pour elles-mêmes, en tant qu'image de la Vierg Marie. Toutes les Vierges en majesté de cette période sont sculptées sur un même modèle iconographique qui consiste en un double trône. Marie est assise sur le trône de Dieu et elle est, elle aussi, le trône vivant du Christ.

Homélie

"Nous avons en la Mère de Dieu, un modèle. Elle est un être à part : sa manière de dire oui et de répondre à l'appel de Dieu est unique. Un oui dès les premiers instants de sa vie, un oui de tous les instants. C'est cela, la virginité de Marie. Un oui à l'ange de l'Annonciation, un oui au moment de la Crucifixion de son Fils, même si c'est le oui d'une mère éplorée, abattue par le chagrin. C'est toute la merveille du oui de Marie, un oui à la fois sans équivoque, presque divin et à la fois pleinement incarné, pleinement dans la chair. A tel point que va naître, va s'incarner de cette chair, Dieu, le sauveur du monde.
Le père Alexandre Schmemann dit que les chrétiens d'Occident mettent l'accent sur le mystère de la virginité de Marie, sa virginité perpétuelle, tandis que les chrétiens d'Orient mettent plutôt l'accent sur la maternité de Marie. Virginité de Marie d'un coté, maternité de Marie de l'autre coté. Je vous propose d'imaginer que nous nous trouvons sur le seuil d'une porte, et que cette porte possède deux vantaux, deux battants comme les portes saintes d'une église. Le premier battant représente la virginité de Marie tandis que le deuxième battant représente la maternité de Marie.
Imaginons que nous saisissons les deux battants simultanément ; nous les ouvrons ensemble. Et là que découvrons-nous ? Hé bien, nous découvrons le mystère de Marie dans sa totalité, dans son unité, dans sa lumière. Nous découvrons que Marie n'est pas seulement Vierge ni seulement Mère. Nous découvrons que Marie, si elle est vierge, n'en n'est pas moins Mère. Nous découvrons que Marie, si elle est Mère, n'en demeure pas moins Vierge. Mystère de Marie, mystère de la Vierge qui touche à la virginité ultime et à la maternité ultime. Maternité ultime, puisqu'en son sein : les noces de Dieu avec la créature. Virginité ultime, puisqu'en son sein : les noces de la créature avec Dieu.
Elle est un modèle pour nous. Un modèle de virginité et un modèle de maternité. La virginité et la maternité de Marie sont les deux battants d'une porte qui nous donnent accès au Royaume. Lorsque nous entrons dans la virginité de Marie, dans ce oui à tout, lorsque nous vivons la virginité intensément, non pas selon la morale, mais de manière profonde, sincère dans toute la profondeur de notre être, mystiquement, alors nous touchons jusque dans nos entrailles à la maternité vécue par Marie. Entrailles qui portent le Christ, qui portent le Verbe, qui portent le Royaume et se laissent féconder. Toute notre vie avec ses vicissitudes, ses péripéties, ses maladies devient royaume de la présence, royaume de l'offrande. En Marie, rien ne peut nous séparer de l'amour du Christ"".(Homélie sur la Nativité de la Vierge, Monastère du Buisson Ardent, 8/10/2013).

vierge en majesté noire et rouge sur un trone avec le Christ vierge romane en majesté sculptée en tilleul vierge en majesté noire assise sur un trone tenant le Christ sur ses genoux vierge en majesté noire et doree assise sur un trone vierge en majesté
Sculptures de Vierges en majesté.

Trois grands types de Vierges

Orante

Le premier type est la Vierge Orante. La Vierge est de face, les bras levés au ciel.

Hodighitria

Le deuxième type est la Vierge Hodighitria, "celle qui montre le chemin". La Vierge est assise et elle montre le chemin vers Dieu : son Fils.

Eleousa

Le troisième type est la Vierge de tendresse, la Vierge Eleousa. Icône de la Miséricorde, la Mère de Dieu et son Fils sont tendrement enlacés. Le quatrième type est la Vierge en majesté, la Mère de Dieu Kyriotissa, comme sur l'image de droite (4).

Theotokos

En 431, un concile oecuménique se réunit à Éphèse et proclame Marie, Theotokos, Mère de Dieu. A partir de cette époque la Mère de Dieu est représentée dans les absides des églises trônant avec le Christ sur ses genoux, la Vierge en majesté.

Vierge

Trône de sagesse

Marie, la mère de Dieu est l'objet d'une immense vénération et d'une grande glorification. Et cela à deux titres. Elle est d'abord celle qui, par élection divine, a permis l'Incarnation du Fils de Dieu. Elle a en effet accueilli en son sein le Sauveur et permis son Incarnation. Marie est également glorifiée en raison de sa sainteté personnelle ; elle a ouvert une brèche dans le chemin de la déification entraînant derrière elle toute l'humanité aspirant à trouver le chemin de la liberté et de la vie. Cette glorification a donné naissance à une multitude d'images que l'on peut classer en types iconographiques différents. Le premier type est celui de la Vierge Orante. La Vierge est représentée de face, les bras levés au ciel. Le deuxième type est la Vierge Hodighitria,"celle qui montre le chemin". L'image représente la Vierge assise, droite, qui montre le chemin vers Dieu : son Fils. Le troisième type est la Vierge de tendresse, la Vierge Eleousa. Icône de la Miséricorde, elle figure la Mère de Dieu et son Fils tendrement enlacés qui "expriment l'aspect humain de la maternité divine et de l'enfant divin et soulignent avec plus de force le fait que l'humanité de la Mère est aussi celle de son Fils, dont elle est inséparable par Son enfantement"(Léonide Ouspensky, Vladimir Lossky, Le sens des icônes, Paris, Cerf, 2003, p. 84). Les traits du visage de Marie et son expression mélancolique annoncent les souffrances à venir du Christ que Marie accueillera en silence. Le quatrième type est la Vierge en majesté, la Mère de Dieu Kyriotissa.

vierge en majesté en chêne vierge en majesté doree avec le Christ sur ses genoux vierge en majesté en chêne vierge en majesté en chêne vierge en majesté avec le Christ benissant
Vierges majesté sculptées en ronde-bosse.

Vierges

Reliquaires

Les Vierges en majesté tridimensionnelles en bois sculpté apparaissent en Occident aux alentours du 10e siècle. Elles sont destinées à l’origine à être des reliquaires. Puis on oublie l’existence des reliques et les Vierges en majesté sont alors vénérées pour elles-mêmes. Elles sont sculptées sur un même modèle iconographique qui consiste en un double trône. Marie est assise sur le trône de Dieu et elle est, elle aussi, le trône vivant du Christ. Légères, les sculptures des Vierges en majesté sont destinées à être transportées en procession dans l’église et à l’extérieur.

Noyer, chêne, bouleau

Le choix du bois varie en fonction des régions : noyer dans le Sud de la France, chêne et bouleau plus au Nord ou bien encore cèdre ou acacia ; platane en Allemagne et en Suisse. Pour éviter que le bois ne se gauchisse ou ne se fende, les sculpteurss'abstiennent d’utiliser des bois venant du cœur de l’arbre. Avec la légèreté, une deuxième caractéristique immuable de ces vierges en majesté, est leur tridimensionnalité. Elles sont conçues pour être visibles sous tous les angles puisqu’elles sont transportées en procession non seulement dans l’église, mais à l’extérieur de l’église, dans les rues des villes ou bien encore d’église à église.