Sculpture

et prière

et prière

Souvent on est attiré par la sculpture parce que l'on aime le silence. Malgré le bruit des maillets résonnant dans l'atelier, la sculpture nous emmène vers le silence, vers le silence des profondeurs. Certains l'appelleront prière, d'autre paix intérieure, d'autre lumière, certains y mettront une coloration religieuse, d'autres pas. Ce qui est important, c'est la sensation de paix et de silence qui nous envahit. Tout l'être est mobilisé, corps-âme-esprit, tout l'être est en tension vers la réalisation de ce but, la réalisation de cette sculpture. Ce sentiment d'unité apporte la paix. Pendant que le corps travaille et que les mains sont mobilisées pour donner les coups de gouges, les pieds bien posés sur le sol, la respiration profonde, le mental et le cœur sont également mobilisés et ne travaillent pas dans une autre direction. Oui, un sentiment d'unité surgit des profondeurs. Une sensation profonde d'être une personne non morcelée, non fragmentée apporte la paix, la légèreté et la joie. Le travail manuel a la vertu de déconnecter le mental, l'usine à pensées de toutes sortes qui viennent nous polluer la vie. Ce n'est pas un hasard si les moines ont institués la règle des trois temps. Premier temps, la prière, deuxième temps, l'étude, troisième temps, le travail manuel. Parfois, le silence nous quitte parce que nous rencontrons des difficultés dans la réalisation de notre sculpture. Le bois ne se révèle pas si docile que cela, les outils se montrent moins faciles à utiliser, le sculpteur est moins habile que l'on ne pouvait l'espérer... Mais le silence revient, la paix et la joie étaient juste cachées derrière les nuages et réapparaissent de nouveau.