Christ en majesté

Sculpture d'un Christ en majesté en chêne
Ce Christ en majesté sculpté dans un bloc de chêne par le sculpteur sur bois est inspiré du Christ en majesté du tympan d'Autun, par le sculpteur sur bois Philippe Péneaud.

Sur le trône

Le second Retour du Christ

Pour représenter le second Retour du Christ à la fin des temps, les artistes s'appuient sur trois passages du Nouveau Testament : Matthieu, chapitre 25 : Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
L'Apocalypse de Jean, chapitre 4 : Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un était assis... Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient !
Le récit de l'Ascension dans les Actes des Apôtres, chapitre 1 :Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder vers le ciel? Ce Jésus qui, d'auprès de vous, a été enlevé au ciel, ainsi viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller au ciel. Les trois récits s'entrelacent dans cette représentation.

Homélie : Venez, bénis de mon Père (Mt 25, 34)
En ce troisième dimanche du pré-carême, nous fêtons le Jugement dernier. On l'appelle également le dimanche de l’Apo-kreo ou dimanche du carnaval. Le mot carnaval vient du latin carnelevare, carne, la viande, et levare, enlever. On enlève la viande. Aujourd'hui est donc le dernier dimanche où l'on consomme de la viande. Nous le savons, s'il est relativement facile de ne plus manger de viande, combien il est difficile de ne pas manger son frère, de ne pas faire saigner la relation d'amour avec lui. Car le thème principal de cette parabole du Jugement dernier est l'amour. Lorsque le Christ reviendra à la fin des temps, dit l'évangile ; il ressuscitera tous les hommes du premier jusqu'au dernier, toute l'humanité depuis Adam. Puis, il les réunira tous devant lui pour faire un tri et les séparer en deux catégories. À droite, les brebis, à gauche les boucs ; à droite, les justes, à gauche, les pêcheurs. Ceux qui l'auront nourri, vêtu, visité, sous le visage des pauvres, des prisonniers, des malades seront invités à entrer dans le royaume du Père. Les autres seront exclus du Royaume. Nous serons jugés sur un seul critère : l'amour. Notre amour ou notre manque d'amour nous situera parmi les « bénis du Père » ou parmi les « maudits ». Nous ne devons pas prendre cette parabole au premier degré et vivre dans la crainte permanente du feu éternel à la fin des temps. Mais nous sommes appelés à entrer dans sa profondeur, à en faire une lecture intérieure. Et à l'envisager plus en termes de présent que de futur, à l'envisager ici et maintenant, dans chaque instant de notre vie, dans notre quotidien. Ce geste de séparation, Dieu l'accomplit déjà au moment de la création. Dieu sépare la lumière des ténèbres, Dieu sépare les eaux d'en haut avec les eaux d'en bas. Ce geste de séparation est au fond un geste de création. Il sépare la lumière des ténèbres pour mieux distinguer et faire émerger la lumière, pour faire triompher la lumière sur les ténèbres. Nous sommes appelés à accomplir ce geste de création à l'intérieur de nous-mêmes, à distinguer en nous-mêmes le bon du méchant, la brebis du bouc, la lumière de l'ombre. Car nous sommes à la fois brebis et boucs, justes et pêcheurs, purs et impurs. Nous sommes capables du meilleur comme nous sommes capables du pire. Le jugement est donc une purification, une re-création de chacun où nous gardons le meilleur et écartons le pire. Le jugement fait sortir le meilleur de nous-mêmes et que l'on peut définir en un mot, l'amour. Car Dieu est amour (1 Jn 4,8). Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien (1 Co 13,2). Puisque Dieu est amour, celui qui n'aime pas se met lui-même en dehors de Dieu, en dehors de sa lumière. Il plonge lui-même dans les ténèbres, il plonge dans une peine éternelle (Mt 25,46). Or, nous sommes appelés à être ce que Dieu est, nous sommes appelés à être amour, amour sans limites. Ce but paraît lointain, inaccessible, inatteignable. Pourtant nous sommes mus par cette quête, nous cherchons à l'atteindre, nous sommes tendus de tout notre être, nous sommes en chemin sur cette voie où notre seul point d'appui est le constat de notre pauvreté. Nous rencontrons des obstacles, nous connaissons des échecs. Les accidents de parcours sont innombrables. Nous tombons souvent de cheval, mais nous remontons aussitôt en selle, car nous sommes toujours prêts à aimer.
(Homélie du dimanche du Jugement le 6 mars 2016 au monastère du Buisson Ardent)