Le Tétramorphe-Les Quatre Vivants

Préface de Nicolas Ozoline

Les Quatre Vivants

"Cette étude traite de manière approfondie d'un sujet riche et suggestif. Elle a été conduite dans un esprit et selon des méthodes qui me sont chères parce qu'elles me paraissent correspondre le mieux à la recherche moderne dans le domaine de l'iconologie chrétienne. Pour le bonheur du lecteur, ce livre écrit dans un langage théologique clair et précis, se passe des formulations nébuleuses et faussement « mystiques »... Cependant, l'ouvrage ne manque pas de passages proprement poétiques, délicatement éclairés - voire illuminés - par la foi de l'auteur... L'auteur démontre sans peine la pérennité du sens théophanique de la représentation des quatre vivants, de même que son omniprésence dans l'ensemble des différentes traditions iconographiques de l'univers chrétien..."


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Le Tétramorphe de Moissac

Le Tétramorphe d'Angoulême

Le Tétramorphe de Chartres

La couverture du livre les Quatre Vivants avec une illustration du tétramorphe

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Editions de l'Harmattan,
Parution : Mai 2007.

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Le Tétramorphe de Moissac

Les Quatre Vivants de Moissac

"Animés d'un mouvement centrifuge, les Quatre Vivants de Moissac jaillissent de la mandorle comme sur les images de l'art chrétien copte et grec.


Figurés de plein pied, le corps entier, non à mi-corps, vigoureux, puissants, ils n'ont aucune commune mesure avec les fragiles silhouettes coptes. Les reins cambrés, ils s'écartent de la mandorle "comme un tourbillon de la splendeur du Christ" (Yves Christe, Les grands portails romans, Droz, Genève, 1969, p. 167). Mais, comme une élégante volute, le buste des Quatre Vivants se tend en arrière Dans une concentration extrême, leur regard fixe celui du Christ. De Lui, ils détiennent la vie et attendent le moindre signe pour la répandre en son nom, illustrant la parole de Denys l'aréopagite : "Ces êtres, qui, par la faiblesse de leur participation, avaient perdu cette vie, se retournent derechef vers elle,

Les quatre vivants et Christ en majesté de Moissac

Le Christ de Moissac et les quatre vivants (Photo P. Péneaud)

tout aussitôt ils redeviennent vivants". L'intensité presque sauvage transmise par le travail des sculpteurs - les muscles raidis, le déploiement des ailes, l'amplitude des gestes - souligne la plénitude de vie qui les habite. Les plumes de l'aigle, le pelage du lion, la robe du b½uf, le réalisme des détails, intensifient la force de l'image. La bouche forme un rictus. Sans être grotesque, elle montre l'absence de concession à tout sentimentalisme et confère à la scène l'intensité d'une dramaturgie ontologique". PAGE 255 du livre Les Quatre Vivants de Philippe Péneaud chez L'Harmattan, éditeur.


Le Tétramorphe d'Angoulême

Les Quatre Vivants d'Angoulême

"Sculptée vers 1120, la scène de l'Ascension occupe toute la surface de la façade ouest de la cathédrale d'Angoulême.


Debout dans la mandorle en creux, le Christ montre ses plaies... La mandorle du Christ est environnée par quatre vivants puissants, ailés, sculptés de pied, d'une taille presque équivalente à celle du Christ. Ils lui tournent le dos, mais leur regard, par un mouvement en arrière de la tête, qui a pour effet d'allonger démesurément leur cou, se dirige vers lui.". L'allusion aux visions d'Ezéchiel et de Jean est sans équivoque.

Les Quatre Vivants ou tetramorphe d'Angouleme

Le Christ d'Angoulême et les quatre vivants (© www.romanes.com, E. Pierre)

Trois des quatre vivants tiennent les livres des évangélistes tandis que l'aigle tient un rouleau comme il apparaît dans quelques écrits carolingiens, sur le Béatus de saint Sever, sur le tympan de Moissac et d'autres tympans". PAGE 247-249 du livre Les Quatre Vivants de Philippe Péneaud chez L'Harmattan, éditeur.


Le Tétramorphe de Chartres

Les Quatre Vivants de Chartres

"La flamboyance et la vivacité de Moissac s'éloignent au profit d'un mélange fait de douceur, de gravité et de hiératisme...


La majesté remplit à elle seule la totalité de la surface du tympan. La vision s'est adoucie. Peut-être perçoit-on les premiers signes de l'art gothique, le Christ s'est humanisé, il gagne en douceur ce qu'il perd en transcendance, tout en conservant un grand hiératisme. Deux des vivants, le b½uf et le lion, à la base de la mandorle du Christ esquissent le même mouvement centrifuge, tout en déjetant le regard vers l'arrière. Néanmoins, le dessin et la mobilité de leurs ailes sont atrophiés, si on les compare à Moissac. L'aigle et l'homme ont été réduits faute de place. Directement tournés vers le Christ, ils n'ébauchent pas l'ombre d'un mouvement centrifuge.

Les Quatre Vivants ou tetramorphe de Chartres

Le Christ de Chartres et les quatre vivants (© www. romanes.com, E. Pierre)

Même s'ils n'ont plus « leur aspect de songe », la pureté de leurs lignes, la subsistance d'un fort dynamisme accorde aux quatre vivants une grâce intemporelle. Le tympan de Chartres fut recopié, réinterprété à plusieurs reprises dans le Nord de la France. Au Mans où les quatre vivants sont reproduits avec une parfaite exactitude, à saint Loup de Naud près de Provins, à Angers, à Bourges". PAGE 277 du livre Les Quatre Vivants de Philippe Péneaud chez L'Harmattan, éditeur.