Sculpture sur bois-La Nativité

La Nativité

L'incarnation du Verbe divin

Le jour de la fête de la Nativité, les chrétiens célèbrent la descente de Dieu parmi les hommes, l'Incarnation du Verbe. Le Verbe se fait chair, " le Dieu tout puissant et créateur de tout se fait créature humble et fragile, il devient petit enfant étranger et sans toit, sans pour cela cesser d'être Dieu infini. Le Verbe divin s'appesantit de la chair et revêt notre humanité pour s'en faire un ornement royal. Celui que l'univers entier ne peut contenir, qui est assis impassiblement sur son trône céleste et que glorifie sans cesse la cour innombrable des puissances célestes, se laisse contenir dans une grotte étroite et obscure " (Le Synaxaire, Vie des Saints de l'Eglise Orthodoxe, Editions To Perivoli tis Panaghias, Thessalonique, 1987, tome second, p. 220). " Etant Dieu, il devient homme et n'abandonne pas sa divinité. Car, ce n'est point par la perte de sa divinité qu'il devient homme, ni par addition de qualité que d'homme il devient Dieu ; mais il est le Verbe et, sa nature demeurant la même à cause de son immutabilité, il s'est fait chair " (Jean Chysostome, Homélie pour la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ).


trois rois mages jaunes debout côte à côte

Rois mages

trois anges blancs debout côte à côte

Anges

trois jeunes bergers rouges debout côte à côte

Bergers


Anges, mages, bergers

Selon l'évangéliste Luc, la naissance du Christ a lieu lors du recensement ordonné par l'empereur César Auguste. Joseph qui se trouvait avec Marie à Nazareth en Galilée, doit se rendre en Judée, dans la patrie de ses pères, appelée Bethléem, "afin de se faire

inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie"(Luc 2, 4-7). Si elle célèbre le dogme essentiell de la foi chrétienne,

l'Incarnation, la Nativité anticipe les effets de cet événement, ses conséquences salutaires pour la création et le monde. Le Verbe vient habiter la chair soumise àla mortalité, et lui offre la possibilité d'une recréation vers la vie. "C'est pourquoi toute la création prend part au mystère du Rédempteur et nous voyons autour du Dieu-homme,

les représentants de toutes les créatures, chacune dans son rôle propre, lui apportant ce que l'Eglise appelle son témoignage de gratitude : les anges leur chant, les cieux l'étoile, les mages leurs dons, les bergers leur émerveillement" (L. Ouspensky, V. Lossky, Le sens des icônes, Paris, Cerf, 2003, p. 143).


 

De Noël à Pâques

Les langes de la Nativité préfigurent le suaire du tombeau

Dans l’art roman, sur les fresques et les hauts-reliefs sculptés, selon la tradition orientale, la Vierge est en général montrée étendue sur une litière, exprimant "par sa position une extrême lassitude. Cela doit rappeler aux fidèles la très réelle humanité de l'enfant, afin que l'Incarnation ne soit pas soupçonnée de n'être qu'apparente" (Léonide Ouspensky, Vladimir Lossky, Le sens des icônes, Paris, Cerf, 2003, p. 146). Cette représentation subsistera en Occident jusqu'au 13ème siècle. Quant au Christ, il est représenté enveloppé de langes qui enserrent son corps et ses membres. Les langes de l'enfant-divin de la Nativité préfigurent le suaire du tombeau."La grotte annonce le tombeau, la fête de la Nativité et la Fête des fêtes, Pâques, ne sont en fait qu'une seule solennité" (Le Synaxaire, Vie des Saints de l'Eglise Orthodoxe, Editions To Perivoli tis Panaghias, Thessalonique, 1987, tome second, p. 222). La Nativité est la première étape du mystère du salut qui passe ensuite par la Passion, la Crucifixion, la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte et se termine par le Retour glorieux du Christ à la fin des temps. Naissance, mort, résurrection et second retour ne font qu'un. Quant à Joseph, selon la Tradition, il n'est pas un jeune homme, mais un homme avancé en âge. Il est souvent figuré à l'écart de la scène centrale où figurent l'enfant et sa mère."Il n'est pas le père... L'icône, en se fondant sur la tradition, transmet le sens de certains textes liturgiques qui parlent du doute de Joseph et de son état psychologique troublé" (Léonide Ouspensky, Vladimir Lossky, Le sens des icônes, Paris, Cerf, 2003, p. 146). Joseph met en cause la naissance virginale. Saisi par le doute, il vit un moment de trouble profond, à l'image de chacun face au mystère impénétrable de la venue du Fils de Dieu parmi les hommes.


Joseph assis pensif une main sur la joue

Joseph

le Christ emmaillotte dans ses langes

Le Christ enfant

Vierge pensive rouge allongée

La Mère de Dieu


L'âne et le boeuf

de la Nativité

Bien que leur présence ne soit pas relatée dans les évangiles, l'âne et le boeuf se retrouvent souvent près de l'enfant divin. Leur présence signe l'accomplissement des prophéties de l'ancien Testament qui annonçaient, l'une par le prophète Habacuc :"Entre deux animaux tu seras connu" (Habacuc 3, 2) ; l'autre par le prophète Isaïe :"Le b½uf a connu son maître, et l'âne la crèche de son maître" (Isaïe l, 3). Le b½uf et l'âne assument des tâches essentielles pour la vie quotidienne, l'un est destiné aux sacrifices et à la nourriture, l'autre au transport et au travail. Hormis leurs fonctions utilitaires, les deux animaux sont les symboles de réalités plus hautes. Monture royale, l'âne se manifeste à trois reprises au cours de la vie du Christ : à la Nativité, pendant la fuite enÉgypte et le jour de l'entrée triomphale à Jérusalem, les Rameaux. L'Évangéliste Matthieu (21, 5) associe la scène de l'entrée triomphale du Christ à la prophétie de Zacharie : "Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d'une ânesse" (Zacharie 9, 9). L'âne est donc le symbole de la royauté du Christ, de sa gloire divine. Quant au boeuf, animal sacrificiel et sacerdotal, il est un symbole de la Rédemption, de la mort sacrificielle du Christ. Symboles de la royauté et du sacerdoce, de la divinité et de l'humanité du Christ, l'âne et le boeuf aux côtés de l'Enfant-divin annoncent la gloire et la croix du Christ, l'entrée triomphale à Jérusalem mais également sa Passion salutaire.


boeuf couche

Boeuf

tous les personnages ensemble

La Nativité

ane couche

Ane