Le bois du sculpteur-Sculpture sur bois

Le bois

Les essences

Les essences de bois sont innombrables, aussi différentes les unes des autres que des fleurs dans un jardin. Du sapin au poirier, du tulipier au sycomore, toutes les essences de bois peuvent être sculptées. Il ne faut pas hésiter à expérimenter les différents types de bois. L'exercice donne l'occasion d'une découverte d'un univers singulier à chaque fois. Mais certaines essences s'accordent particulièrement à la sculpture sur bois. Les bois se classent selon leurs qualités physiques et mécaniques : bois tendres ou durs, denses ou poreux, bois indigènes ou bois exotiques, etc. Le sculpteur choisira son matériau en fonction d'un certain nombre de critères : taille de la sculpture, degré de finition, homogénéité du grain, etc. Pour des raisons écologiques, il vaut mieux encourager l'emploi des bois locaux, dits "de pays", en harmonie avec l'environnement et également avec les techniques et les pratiques traditionnelles.


Le tilleul

gros plan du tilleul

Bois homogène de couleur claire, blanche allant vers le jaunâtre ou le rose, le tilleul est le bois préféré des sculpteurs débutants, car c'est un bois tendre au grain fin. Il se taille donc facilement, sous tous les angles. C'est un bois apprécié pour la sculpture polychromée et pour la dorure. En effet, il ne se rétracte pas, se fissure peu et résiste aux vers.

Le poirier

gros plan du poirier

Moyennement dur, de couleur rougeâtre ou jaunâtre, le poirier a un grain fin et homogène. Il permet de réaliser des sculptures fines et délicates, de tracer des visages avec précision sans qu'ils ne soient déformés par une veine trop saillante. Le poirier prend un beau poli sous les couleurs et les apprêts. Les poiriers venant de l'Est de la France atteignent un fort diamètre.

Le merisier

gros plan du merisier

Bois de couleur brune dorée tendant vers le rouge, le bois de merisier ou cerisier sauvage se travaille moins agréablement que le poirier ou le pommier. Plus tendre que ces deux essences, il se montre quelquefois plus cassant ou friable. Toutefois, sa finition est irréprochable, il offre un beau brillant au polissage qui se patine et vieillit très bien.


Le pommier

Un autre bois fruitier très agréable à travailler. Le pommier présente un grain serré proche de celui du poirier. Sa couleur est plus blanche, traversée de veines rougeâtres qui peuvent dénaturer le motif sculpté.

Le cormier

Bois très dur de couleur rouge-brune, le cormier était employé autrefois pour la fabrication des outils d'ébénisterie. Sa compacité est altérée par des veines facilement cassables. On obtient avec ce bois au grain serré, une finition parfaite, un poli impeccable

Le buis

Arbuste à croissance très lente, le buis donne un bois dur, approprié aux travaux très fins : croix pectorales, instruments de musique, objets usuels, boutons.... De couleur jaune, ce bois au grain serré se taille dans tous les sens, même en bois de bout.

Le cèdre

Peuplant les montagnes de l'Atlas, de l'Himalaya et du Liban, le cèdre s'est acclimaté en Europe au 18e siècle. Bois tendre de couleur jaune dorée, fortement odorant, sa faible densité le réserve aux gros travaux ne nécessitant pas une grande finesse d'exécution.


Le chêne

gros plan du chêne

Le chêne est un bois courant dans nos régions tempérées. On dénombre 280 variétés de chêne allant de la couleur jaune à brun-doré. La densité du chêne varie selon les régions et la nature des sols. Très résistant, il est le bois approprié aux sculptures extérieures. Son grain n'autorise pas cependant une finition aussi parfaite qu'avec les bois de fruitiers comme le poirier, le pommier, le merisier, l'amandier.

Le noyer

gros plan du noyer

Très beau bois, au grain fin, le noyer est devenu un bois précieux. Son homogénéité et son grain fin permettent une belle finition à la gouge, car le bois brille sous l'outil. Sa couleur varie en fonction des régions : clair dans le Nord de la France, gris dans le Berry, marron foncé avec des veines marquées dans le Centre et les Alpes, et particulièrement dans le Périgord.

Le noyer

Malgré toutes ses potentialités, le noyer révèle une faiblesse avec le temps. Il est la proie facile des vers et des insectes. Aussi il faut éliminer l'aubier dès la coupe afin de prévenir tout envahissement néfaste.


Le platane

gros plan du platane

Clair, rosé, avec un pointillé brun plus accentué que le hêtre, le platane peut être employé en sculpture. Il se révèle un bois assez facile à travailler. Cependant, sa surface moirée ne facilite pas la finition et le polissage. Ce bois se révèle également un terrain favorable aux attaques d'insectes.

Le hêtre

gros plan du hêtre

Blanc, légèrement rosé, résistant, le hêtre est le bois de prédilection des ébénistes fabricants des sièges. Il présente un grain serré qui facilite le travail de précision et se prête aux sinuosités des chantournements. Sa finition aboutit à un très beau poli et à des belles couleurs.

Le frêne

frêne

Bois blanc. mi-dur, souple, il est utilisé pour ses qualités de résistance à la flexion et aux chocs. Le frêne se travaille facilement, même en sculpture. Il sert également à la confection des manches d'outils, des outils en bois, au charronnage, à la carrosserie.


Arbres de la forêt

Poème de Victor Hugo

" Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme! Au gré des envieux la foule loue et blâme; Vous me connaissez, vous! vous m'avez vu souvent, Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant. Vous le savez, la pierre où court un scarabée, Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée, Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour. La contemplation m'emplit le coeur d'amour. Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure, Avec ces mots que dit l'esprit à la nature, Questionner tout bas vos rameaux palpitants, Et du même regard poursuivre en même temps, Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde, L'étude d'un atome et l'étude du monde. Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu, Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu! Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches, Nids dont le vent sème au loin les plumes blanches, Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux, Vous savez que je suis calme et pur comme vous. Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance, Je suis plein d'oubli comme vous de silence! La haine sur mon nom répand en vain son fiel; Toujours, je vous atteste, ô bois aimés du ciel! J'ai chassé loin de moi toute pensée amère, Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère! Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours, Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds, Ravins où l'on entend filtrer les sources vives, Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives! Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois, Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois, Dans votre solitude où je rentre en moi-même, Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime! Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît, Arbres religieux, chênes, mousses, forêt, Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère, C'est sous votre branchage auguste et solitaire, Que je veux abriter mon sépulcre ignoré, Et que je veux dormir quand je m'endormirai. Juin 1843 ". Victor Hugo, Aux arbres, dans Les Contemplations, tome premier, chapitre XXIV, abu.org.